Pleins Feux Sur un Thérapeute

Voici Becky Swan

Écrit par Jasmine Miller
Publié le

À titre de thérapeute du sport du service policier de Vancouver, Becky Swan bénéficie d’avantages que tout amateur d’émotions fortes aimerait. Revêtir un équipement protecteur pour affronter les membres à quatre pattes de l’unité canine, utiliser des armes au champ de tir et monter les grands chevaux de l’escouade à cheval... elle a fait tout cela. 

Mais si on lui demande ce qu’elle aime le plus dans son travail auprès des policiers et du personnel civil du service, il n'est même pas question des avantages personnels. « Quand on travaille avec eux, on voit combien ils sacrifient tous les jours, révèle Becky Ce sont des gens extraordinaires, forts. Les médias n'en parlent pas toujours avec faveur, alors c’est agréable de pouvoir les aider. »

Elle est arrivée au service policier de Vancouver 2010 à titre de coordonnatrice en conditionnement physique, emploi qu’elle a vu annoncé sur le site Web de l’Association canadienne des thérapeutes du sport peu après avoir obtenu son diplôme en thérapie du sport du Sheridan College, où elle a obtenu une bourse convoitée pour travailler avec l’équipe de football des Tiger Cats de Hamilton.

Dans son rôle de coordonnatrice en conditionnement physique, au sein du service d’éducation et de formation, elle administrait et surveillait les épreuves physiques des recrues, et elle gérait le centre de conditionnement physique, ouvert 24 heures sur 24, qui sert quelque 1 200 membres.  

Peu après son arrivée, elle a demandé si elle pouvait offrir des séances de thérapie du sport individuelles. La direction a accepté, mais elle était un peu sceptique. Elle n’était pas convaincue que les membres voudraient un traitement gratuit sur place. « Au bout d’un mois, mon carnet de rendez-vous était rempli », raconte Becky. 

Ça n’aurait peut-être pas dû être une surprise. « Les policiers revêtent un équipement de 30 à 40 livres, puis ils doivent courir pour attraper des gens », poursuit Becky. C’est physiquement épuisant et ça peut mener à des blessures. « La veste et la ceinture peuvent comprimer les articulations », explique Becky. Souvent, les policiers perdent de l’amplitude de mouvement dans les hanches et au haut du dos. « Ils peuvent également souffrir du TSPT, ajoute Becky. Certains ont des cicatrices causées par un coup de feu ou un couteau. » 

En 2016, elle s’est jointe au service des ressources humaines. Cela peut sembler bizarre pour une thérapeute du sport titulaire d’un diplôme de premier cycle en sciences de l'activité physique, mais elle voulait travailler plus officiellement dans les domaines de la santé et du bien-être. Au service policier de Vancouver, cela relève des ressources humaines. 

À l’automne 2016, le service a créé l’Unité de thérapie du sport et du bien-être, où Becky travaille à temps plein. Seuls quelques services policiers dans le monde offrent un programme semblable. Il repose sur trois piliers de service, avec un accent sur le bien-être global : traitement de réadaptation après une blessure, renforcement et mise en forme dans quatre centres de conditionnement physique à Vancouver, et bien-être du corps entier, notamment la santé mentale. 

Deux des composantes importantes de ce poste sont la création de programmes éducatifs et l’offre de conférences de spécialistes sur de nombreux sujets, de la nutrition à la médecine traditionnelle chinoise, en passant par la sécurité à bicyclette et les mesures de sécurité pour les gardiens de prison. « Je me sers de toutes les connaissances que j’ai acquises lors de mes études universitaires et de ma formation en thérapie du sport tous les jours », affirme-t-elle. Elle a récemment entrepris d'approfondir ces connaissances en s’inscrivant au programme de maîtrise en sciences de la réadaptation à la University of British Columbia. 

Son travail est physiquement intense, mais « ce sont des gens vraiment super qui piquent mon intérêt et ma curiosité », avoue Becky. Outre la possibilité de redonner à la communauté, elle a des liens émotifs à leur travail. « Mon père est un agent de la GRC à la retraite, et mon grand-père était directeur de prison, révèle Becky. Les policiers me réconfortent. »