La Sensibilisation Aux Commotions Cérébrales

Cinq mythes au sujet des commotions cérébrales

Écrit par Jasmine Miller
Publié le

Si vous n’avez pas perdu connaissance, vous n’avez pas de commotion cérébrale. Nous avons tous entendu cet argument, que tout le monde croit, mais qui est faux. De grands progrès ont été réalisés pour sensibiliser le public aux commotions cérébrales, mais il existe encore des idées fausses. Pour notre sécurité, les athlètes, jeunes et moins jeunes, doivent s'éduquer au sujet de ce traumatisme crânien. Pour commencer, rectifions des mythes communs sur les commotions cérébrales

MYTHE:  Pour qu’il y ait une commotion cérébrale, il faut un coup dur à la tête, comme lorsqu’on frappe la bande au hockey, qu’on se fait bloquer au football ou qu’on reçoit un coup de bâton de baseball. 

RÉALITÉ: Bien que ce soit vrai, une commotion cérébrale peut également être causée par un coup indirect, comme un coup au corps qui fait violemment aller la tête d’avant en arrière. Selon le thérapeute du sport Stewart Munroe, fondateur du Ken Val Rehab and Sports Injury Centre de Rothesay, au Nouveau-Brunswick, « même si l’athlète reste conscient, il peut subir ce genre de traumatisme. » 

MYTHE: Un tomodensitogramme ou une IRM confirmera s’il s’agit d’une commotion cérébrale.

RÉALITÉ: À l’heure actuelle, aucune technologie d’imagerie ne peut poser ce diagnostic. « Les radiographies, les tomodensitogrammes et l’IRM ne montrent pas les commotions cérébrales », explique Stewart. Malgré cela, les résultats de test positifs produisent souvent un optimisme sans fondement. « Lorsqu’un médecin tient une radiographie et montre à un athlète son os cassé ou son épaule disloquée, il comprend qu’il ne peut pas jouer, poursuit Stewart. Mais lorsqu’on lui dit que la radiographie et le tomodensitogramme ne montrent rien, tout ce que l’athlète et ses parents entendent, c’est qu’il n’y a pas de traumatisme crânien. Il faut se rappeler qu’on ne peut pas diagnostiquer une commotion cérébrale en se basant sur un seul test ou une seule image. Une évaluation adéquate comprend plusieurs tests, affirme Stewart. » 

Votre praticien de la santé mettra souvent à l’épreuve votre mémoire et vos capacités de concentration et de rappel, et il évaluera votre équilibre, votre coordination, votre ouïe, et d’autres choses. « Les résultats de tous les tests permettent de déterminer s’il y a eu une commotion cérébrale ou non », enchaîne Stewart.

MYTHE:  Après une commotion cérébrale, une personne doit être réveillée toutes les 20 minutes. 

RÉALITÉ: Selon l’Institut des commotions cérébrales de Montréal, « le repos complet est la première étape du traitement des commotions cérébrales. » L'institut laisse entendre que pendant les 48 premières heures après le traumatisme, il faut réduire les activités physiques, intellectuelles et sociales. En fait, il recommande autant de sommeil que possible lors de cette première étape. Pourquoi? Après une commotion cérébrale, le cerveau consomme d’énormes quantités de glucose pour essayer de guérir. Il est essentiel de réserver toutes les réserves d’énergie pour ce processus de guérison.

« Le monde dans lequel nous vivons est rempli de stimuli externes (visuels, auditifs, etc), souligne Stewart. Plus on peut diminuer le nombre de stimuli que le cerveau essaie de traiter ou de comprendre simultanément, plus il est facile pour le cerveau de rester calme et de guérir. »

Stewart avertit cependant : « Bien qu’il ne soit pas nécessaire de réveiller l’athlète, il est fortement recommandé de le surveiller pendant cette période. Si les symptômes de l'athlète s’aggravent ou s’il commence à ressentir de nouveaux symptômes, il faut l’emmener au service d’urgence pour faire un suivi médical. » C’est également la raison pour laquelle on recommande de ne pas prendre de médicaments sans ordonnance (à moins qu’ils soient prescrits par un médecin) pendant cette période, car ils peuvent masquer l’aggravation des symptômes. 

MYTHE:  L’équipement le plus perfectionné peut prévenir les commotions cérébrales. 

RÉALITÉ: À l’heure actuelle, « aucun équipement ne peut prévenir une commotion cérébrale », révèle Stewart. Le cerveau baigne dans un liquide dans le crâne, donc aucune protection autour de ce dernier ne peut empêcher le cerveau de bouger dans ce liquide. L’équipement protecteur est important, bien entendu; par exemple, un casque protège contre les fractures ou blessures au visage et au crâne. Ce qu’il faut retenir? « Jusqu’à ce qu’on invente quelque chose qui évite au cerveau de bouger dans le crâne, rien ne peut prévenir les commotions cérébrales. »

Les recherches actuelles portent plutôt sur de nouvelles règles de jeu et des stratégies d’acquisitions des compétences lors de l'entraînement pour trouver diverses manières d’éviter les forces directes et indirectes qui causent les commotions cérébrales. Les recherches se poursuivent, donc aucun résultat concluant n’a encore été publié, mais les premiers résultats sont prometteurs.