La Sensibilisation Aux Commotions Cérébrales

Conseillers en commotions

Écrit par Tracy Howard
Publié le

En raison de l’importante couverture médiatique sur les quatre commotions cérébrales diagnostiquées de Sidney Crosby de la LNH et sur les traumatismes crâniens dévastateurs subis par les joueurs de la LNF, le public est beaucoup plus conscient de la gravité des commotions cérébrales. 

Mais au début des années 2000, l’attitude envers les commotions cérébrales était plus nonchalante. À l’époque, Stewart Munroe, thérapeute du sport agréé et propriétaire du Ken-Val Rehab and Sports Injury Centre de Rothesay, au Nouveau-Brunswick, travaillait pour une équipe de l’AHL qui participait aux éliminatoires de la coupe Calder. Pendant une partie, après avoir évalué un joueur qui avait reçu de nombreux coups pendant la première période, Stewart a alerté le médecin de l’équipe, qui a fini par retirer le joueur du match. 

Le joueur était loin d’être content. « Il mesurait à peu près six pieds trois et pesait 240 livres, raconte Stewart. Il m’a traité de tous les noms possibles et a déclaré qu’il s’occuperait de moi plus tard. » 

Depuis cet incident, Stewart a traité de nombreuses autres commotions cérébrales. Outre la clinique Ken-Val, où il a traité un éventail de blessures orthopédiques et effectué bien des réparations postopératoires, Stewart collabore avec la Dre Jennifer Fletcher à la Saint John Concussion Clinic. 

En plus des commotions cérébrales sportives, Stewart a traité des gens qui ont subi des commotions cérébrales à la suite d’attaques, de chutes, d’accidents de voiture et d’accidents du travail.

Commotions cérébrales : l’essentiel

Une commotion cérébrale est une forme de traumatisme crânien léger causé par un coup direct à la tête, ou par un événement indirect, comme un coup de fouet cervical, qui peut agiter le cerveau violemment dans le crâne. 

Bien que les signes et les symptômes soient habituellement temporaires, durant d’une à deux semaines chez les adultes, chez certains patients, ces symptômes peuvent durer des mois après le traumatisme, produisant ce qu’on appelle le syndrome post-commotionnel (SPC).  

En général, en ce qui concerne le sport, Stewart explique que l’un de ses rôles est de déterminer si l’athlète « s’est fait mal » ou est « blessé ». Pour la plupart des parties du corps, un athlète qui s’est « fait mal » peut continuer de jouer sans risquer d’aggraver les dommages. Par contre, si l’athlète est « blessé », le fait de continuer de jouer peut avoir de graves conséquences. 

Même si les signes et symptômes d’une commotion cérébrale peuvent disparaître rapidement, parfois en 24 heures, les effets à long terme d’une commotion cérébrale sont encore mal compris. Il est important de se rappeler qu’une commotion cérébrale est un traumatisme crânien, même s’il est léger, donc il est impératif de prendre les mesures adéquates pour qu’il soit sécuritaire de reprendre le jeu. « Pourquoi risquer d’endommager la structure la plus importante du corps, le cerveau? », demande Stewart.

Le traitement

Après une évaluation approfondie, si le thérapeute du sport soupçonne une commotion cérébrale, on interdit les sports de contact et les activités physiques vigoureuses au patient, que l’on renvoie à un médecin, qui l’évaluera de nouveau et posera un diagnostic. 

Dans l’ensemble, Stewart tient à souligner l’urgence des soins immédiats. « Il est essentiel, pour bien guérir, que les athlètes reçoivent tout de suite des soins pour faire évaluer leur blessure et obtenir l’information médicale la plus à jour. Et pour éviter d’aggraver le traumatisme en continuant de jouer malgré les symptômes. »

Selon les recherches actuelles, après quelques jours de repos physique et mental, le patient devrait lentement reprendre ses activités à faible risque (qui sont définies comme les activités quotidiennes qui n’aggravent pas les symptômes). Un thérapeute du sport peut aider un patient à déterminer quels exercices sont sûrs et à faible risque. Les thérapeutes du sport peuvent également guider les athlètes qui ont subi une commotion cérébrale dans un protocole bien établi pour déterminer s’ils peuvent reprendre leurs activités sportives en toute sécurité. En outre, ils conseillent les enseignants au sujet des stratégies de retour à l'apprentissage pour les élèves dont les symptômes persistent.

Si les symptômes durent plus longtemps que la période de rétablissement habituelle, un thérapeute du sport peut aider à choisir des stratégies de réadaptation basées sur les signes et symptômes propres au patient. Elles peuvent comprendre du travail sur les tissus mous et le renforcement du cou pour les facteurs cervicogéniques comme les douleurs au cou et les maux de tête, des stratégies thérapeutiques pour les troubles oculomoteurs et d’équilibre, et l’aiguillage des patients vers d’autres évaluations des composantes cognitives et émotives. Les symptômes peuvent être attribuables à plusieurs facteurs, donc il est essentiel d’obtenir des soins médicaux immédiatement après le traumatisme pour assurer une réadaptation sûre et efficace de la blessure pour que le retour aux activités et aux sports soit sécuritaire.   

Et le joueur de hockey qu’on a retiré des éliminatoires il y a tant d’années? Il s’est rétabli à temps pour rejoindre l’équipe à la fin de la saison et a joué un rôle de premier plan dans son équipe, qui a gagné la coupe Calder. Après la saison, il a demandé à parler à Stewart.

« Je me suis dit, ça y est, il va me tuer. Mais il a mis son bras autour de mes épaules et m’a remercié. Il a dit que mon rôle, à titre de thérapeute de l’équipe, est de veiller à la sécurité des joueurs, quelles que soient les circonstances. Je n’ai jamais oublié cette histoire. »