Tactical Athletes

Pas un jeu d’enfant

Écrit par Tracy Howard
Publié le

À titre d’éducatrice de la petite enfance suppléante de maternelle dans les écoles de Toronto, Antonia ne peut vraiment prédire ce que lui apportera chaque jour de travail. Mais elle sait qu’elle exigera beaucoup de son corps.

« On prépare des choses, on descend des chaises des tables, on fait un peu de tout, y compris nettoyer les dégâts, en plus de s’occuper des enfants, donc on les prend souvent dans ses bras et on s’accroupit pour leur parler, raconte Antonia. Et on les suit partout, donc lorsqu’ils sont au gymnase, on fait les exercices comme eux. »

Antonia travaille avec l’enseignant de maternelle et fournit des plans de leçon et des programmes, surveille les progrès des enfants, les aide à mettre et enlever leurs vêtements d’hiver et joue avec eux.

Antonia était auparavant ballerine et a toujours été active, mais les exigences physiques de son travail se font sentir. « J’ai participé à des marathons et je n’ai jamais eu de problèmes, mais j’ai de graves problèmes au bas du dos depuis que j’ai commencé à enseigner. »

Pour aider les éducateurs de la petite enfance comme Antonia à mieux gérer l’aspect physique de leur travail, nous avons demandé des conseils à Jennifer Johnson, thérapeute du sport agréée et propriétaire de la SMART Clinic, une clinique mobile de Mississauga, en Ontario, qui se rend dans les lieux de travail de la région du Grand Toronto.

Se pencher et s’accroupir... comme il faut

« Je suis accroupie deux ou trois heures par jour, révèle Antonia. Que ce soit pour monter la glissière d’un manteau ou s’adresser à un enfant, on s’accroupit et on se lève constamment, ce qui est dur pour le dos si on s’incline vers l’avant. »

Jennifer explique que les « athlètes industriels » (travailleurs dont l’emploi est exigeant sur le plan physique) doivent apprendre les bonnes techniques pour se pencher. Pour éviter les blessures, Jennifer recommande de faire face à la direction vers laquelle on se dirige pour éviter de tordre le corps.

« Regardez un tout-petit ou un jeune enfant bouger : il s’accroupit et se penche parfaitement. Il n’a pas encore de mauvaises habitudes. Je conseille aux éducateurs de la petite enfance d'observer ce que font leurs élèves. »

 Le soutien qu’il faut

Antonia affirme qu’elle essaie de resserrer sa ceinture abdominale lorsqu’elle se penche, ce qui lui vaut des félicitations de Jennifer. « La préparation de la ceinture abdominale peut être le fondement de tout mouvement, explique Jennifer. Le plus important est de mettre la colonne vertébrale en position neutre en basculant le bassin quelques fois et en ajustant la position jusqu’à ce que votre colonne vertébrale soit confortable, puis de descendre votre cage thoracique vers le nombril. »

 Elle conseille à Antonia de renforcer sa ceinture abdominale, ce qui lui permettra de garder une bonne posture pendant les activités comme le fait d’être assise par terre avec les élèves.

 Le travail de la ceinture abdominale et le renforcement des muscles permettront aussi à Antonia de se préparer aux mouvements imprévisibles que son travail exige souvent, comme le jour où elle arrivée dans une classe et on l’a avertie à propos d’une certaine petite fille : « Celle-là, elle s’enfuit! ».

 Prévoir de l’exercice

Lorsque Antonia portait un moniteur d'activité physique au travail, elle a constaté qu’elle faisait souvent 10 000 pas avant midi, mais comme elle est très occupée et qu’elle a une famille, elle n’a pas beaucoup de temps pour faire plus d’exercice. Et elle avoue que lorsqu’elle va s'entraîner, elle en fait souvent trop.

Plutôt que cette méthode du tout ou rien, Jennifer suggère de commencer lentement. « Choisissez une routine de dix minutes, explique-t-elle. Par exemple, travaillez votre ceinture abdominale une journée, et faites des étirements le lendemain. » Elle suggère de commencer par deux jours par semaine, puis de passer à trois jours lorsque cela devient facile, et ainsi de suite, jusqu’à ce que ça devienne une habitude.

Une thérapeute du sport comme Jennifer peut vous aider à concevoir un programme axé sur votre travail que vous pouvez inclure dans votre emploi du temps.

Mes pauvres pieds

Antonia a également mal aux pieds parce qu’elle est debout toute la journée. Elle a acheté des semelles orthopédiques, mais Jennifer révèle qu’il existe d’autres moyens d’aider les pieds. 

« Mon principal conseil est de ne pas rester immobile », souligne-t-elle. Elle recommande à Antonia de faire des cercles avec ses pieds, de les fléchir et d’agiter ses orteils lorsqu’elle est debout afin que les muscles demeurent actifs, ce qui les aide à être moins fatigués.

En suivant ces conseils, la prévention des blessures en enseignant est un jeu d’enfant.